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ImageHello Chers tous

Il ya longtemps que je ne vous ai pas donné les nouvelles d’Enoh, ceci parce que jusqu’ici il va bien. Si nos visites à lui ne sont plus hebdomadaires, il n’en demeure pas moins que nous passons de temps à autres prendre de ses nouvelles, lui apporter notre réconfort et surtout s’assurer qu’il va bien.

Si jusqu’ici tout semblait bien aller, puisqu’il a intégrer la cavale qui est mise sur pied contre lui, mais aussi le fait que nous nous battons pour lui, depuis le début de ce mois d’avril les choses ont pris une autre tournure. Enoh est empêché d’écriture.

Bien qu’il soit en prison, Enoh comme vous le savez continue à faire son travail d’écrivain, c’est-à-dire écrire. Cette écriture qui lui permet de supporter sa situation de prisonnier. Activité qui l’a amené à s’abonner à la salle informatique de la Prison ou il le passe le clair de son temps.

Il ya trois semaine, alors qu’il y est pour travailler, on lui annonce que la machine sur laquelle il travaille habituellement et qui contient la majorité de ses écrits est en panne. Il trouve cela curieux, surtout qu’on ne lui dit pas quand est ce que le technicien va la dépanner. Sa crainte est d’autant plus grande qu’il n’a pas pu sauvegarder ses écrits sur des CD comme il l’a toujours faite, motif : les CDs ne sont plus en vente. Il va poursuivre sur une autre machine dans l’espoir que « sa machine » sera refait et qu’il pourra récupérer ses œuvres.

Le 04 avril, alors qu’il est en salle, on lui signale que désormais il n’a plus droit d’y travailler. Il va prendre cela à la légère.

Le 05 avril, il est interdit d’accès à cette salle d’informatique qui est son refuge. On lui fait savoir que le régisseur a instruit qu’il n’y accède plus. N’ayant pas pu rencontrer le regisseur, et face au mur qui se dresse en face de lui quand il approche certains administrateurs, il va adresser une lettre au regisseur ce même jour pour réclamer la restitution de ses frais d’abonnement. Jusqu’ici pas de suite à cette lettre et toujours il n’a pas accès à cette salle.

Par ailleurs il a été informé que « sa machine » a été définitivement sortie de la salle d’informatique et qu’elle ira à la casse car elle est irrécupérable. Ainsi Enoh va perdre les derniers qu’il n’avait pu sauvegarder à savoir : « L’élite contre le peuple, de 1884 à nos jours » et « Poèmes d’espoir » ainsi que « Cameroun, désert des droits de l’homme » qu’il avait fini de corriger.

Toute cette nouvelle pression se déclenche alors qu’Enoh a été récemment fait Honorary Member de Pen American center et qu’il a reçu le prix Oxfam Novib/Pen International pour la Liberté d’expression ceci suivi d’une petite dotation financière qui lui permette de se nourrir, vêtir, soigner et régler certains de ses frais en prison.

Malgré la condamnation à 7 ans d’emprisonnement et une amende de 200.000 Fcfa, Enoh continue de deranger.

Bergeline DOMOU

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